samedi 28 novembre 2009

DIVERSES INTERVENTIONS DE M. CAMARA THIEDEL

Dr Thiédel CAMARA
Socio-Economiste - Anthropologue - Consultant
Formateur en Anthropologie Médicale et en Sciences Sociales
1er Vice-Président de Migrations Santé - Paris
Membre de la Société de Pathologie Exotique, Institut Pasteur - Paris






1) Esquisse de définitions :

Ÿ Qu’est-ce que l’anthropologie ?

Claude Lévi-Strauss : « Etude de l’homme dans sa totalité »…
« Science comparée des Cultures ».

Ÿ Qu’est-ce que la culture ?

Lewis H. Morgan : « La culture représente chez l’individu l’ensemble des éléments de tous ordres, normes, symboles et valeurs qui lui a été transmis par le groupe ; cette définition se réfère à l’être individuel ».

Franz Boas : « La personnalité est forgée par la Culture ».



2) A propos des mutilations sexuelles féminines :

Ÿ L’excision :
C’est l’ablation d’une partie plus ou moins importante du clitoris et des petites lèvres.

Ÿ L’infibulation :
C’est une excision complétée par l’ablation des grandes lèvres dont les deux moignons sont suturés bord à bord. La vulve est alors remplacée par une cicatrice fibreuse, l’ouverture vaginale disparaît pour laisser la place à un minuscule orifice pour l’écoulement des règles et des urines.



INTRODUCTION :

L’excision des femmes dont les mythes*, en certaines régions, font l’exact de la circoncision des hommes, ne l’accompagne pas toujours, et peut aussi être pratiquée seule.

On la regarde comme un moyen d’augmenter la fécondité**. Elle pouvait introduire à une période de liberté sexuelle, comme chez les Nankansé de Burkina Faso et les Coniagui de Guinée ; mais le plus souvent, elle était la préparation au mariage. Elle consistait dans l’ablation du clitoris, quelquefois des petites lèvres - ainsi chez les Sara du Tchad. (Cf. : Robert Jaulin, La mort Sara).

L’âge de l’opération était très variable : jeunes fillettes, filles pubères, femmes adultères beaucoup plus rarement - par exemple : chez les Waba du Bénin septentrional. C’était dans le même sens que la circoncision, une initiation, il était moins fréquent qu’elle soit entourée et prolongée par des cérémonies complexes.

Cependant, chez les Coniagui, elle était liée à un culte des défuntes et revêtait plus d’éclat que la circoncision, et les excisées passaient un mois en brousse. Les Sara leur faisaient accomplir une retraite plus longue encore. Les Chaga du Kenya les tenaient enfermées pendant trois mois et les soumettaient à un engraissement systématique, coutume que l’on observait aussi chez les Ibibio de Nigeria ; en même temps on les oignait d’huile. Un enseignement d’ordre sexuel et moral était dispensé pendant les retraites.

Les classes d’âge des femmes, qu’éventuellement l’excision constituait, avaient dans la plupart des cas une importance moindre et une organisation moins solide que celle des hommes.

Là où l’excision n’était pas pratiquée, d’autres rituels ou d’autres opérations la remplaçaient parfois. Chez les Hottentots, on procédait à l’allongement des grandes lèvres, formant ce que l’on a appelé le "tablier hottentot". Les Damara du Sud-Ouest de l’Afrique faisaient des incisions sous les seins. Toutes ces pratiques avaient la même signification des rituels de puberté

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